Leader dans la durée
Par UNA LEADER+, lundi 7 janvier 2008 à 15:04 :: Programme et Forums :: #34 :: rss
Troisième forum du mercredi, Leader un contrat à durée déterminée...
Forum 3 : «Leader dans la durée »
Animateur : Christophe BERNARD, DIACT
Intervenants :
Le programme Leader a eu en France un rôle extrêmement fort dans l’organisation territoriale. Il a poussé à une structuration des acteurs locaux à des échelles jusque là peu prises en compte. En ce sens le programme a souvent préfiguré des territoires de projet qui se sont ensuite organisés, notamment en Pays.
Dans le même temps, les exigences et principes fondateurs de Leader ont largement contribué à développer la « culture » du projet stratégique et celle du partenariat local ; les activités du réseau – notamment du réseau européen Leader I et II autour de l’AEIDL – ont nourri la réflexion méthodologique.
Toutefois, inscrire Leader dans la durée, d'abord comme programme d'initiative communautaire puis comme partie du RDR amène à prendre du recul sur certaines thématiques et soulève des interrogations essentielles :
- en ce qui concerne l'intégration de Leader aux politiques 'classiques' de développement rural (le fameux "maintreaming"), plusieurs pistes de réflexion sont ouvertes : o Quel rôle donne-t-on à Leader (comme programme ou comme approche méthodologique) en France, dans un contexte qui a fortement évolué avec le développement des Pays et des Parcs et la montée en puissance des politiques régionales ? Leader I favorisait l'organisation territoriale (la 'primo-organisation') puis le rôle de laboratoire s'est progressivement affirmé. Aujourd'hui, il semble que ces deux fonctions soient quelque peu dépassées et, faute d'avoir recherché une meilleure implication des collectivités locales (notamment au niveau départemental), l'approche ne tend-elle pas à se banaliser et à s'adresser à un cercle de plus en plus fermé d'initiés ? Si le choix fait pour la période 2007-2013 de privilégier pour Leader les territoires de projet (Pays, PNR) répond en partie à la question, n’est-ce pas trop tard ? Comment rendre compatible l'approche avec l'avancée parfois faible de la réflexion sur la place de Leader dans les politiques régionales, dans un contexte de recentrage des crédits de l’Etat et de politique nationale sur les pays pas forcément très volontariste ? o Comment asseoir l’acquisition de certaines pratiques et méthodes liées à Leader ? Ces pratiques semblent globalement acquises par les acteurs locaux mais qu'en est-il au niveau national, voire régional ? Il est en effet possible de constater parfois, par exemple : l'affaiblissement des exigences sur la participation des acteurs, une perte de vigueur de la notion de projet (donc de stratégie) au profit d’une multiplication de cadres contractuels et d’appels à projets, une réduction ou une remise en cause de l’ingénierie, un manque de culture « développement local », …
o Comment renouveler les pratiques et méthodes sur le territoire ? Dans cette configuration, la question du maintien du caractère expérimental de Leader se pose aussi au niveau local. Comment maintenir et ouvrir le champ du laboratoire que constitue cette approche, en particulier dans le cadre de contraintes financières (co-financement calculé sur la base de la dépense publique et intervention à hauteur de 55% seulement) ?
- inscrire Leader dans la durée signifie aussi analyser les résultats des évaluations conduites, de s'approprier les échecs et les réussites de l'approche à court et long terme pour pouvoir revisiter les principes fondateurs de Leader et répondre à certains défis qui bien qu'anciens restent centraux : o le partenariat et la concertation public-privé : le partenariat et l'implication réelle des acteurs dans la mise en œuvre du programme, notamment via la sélection des projets à soutenir financièrement, sont des éléments essentiels de Leader. Néanmoins, l'équilibre public-privé a posé un certain nombre de questions en France : comment donner de la légitimité aux représentants du secteur privé au sein des Comités de programmation, quel est leur rôle, dans quelle mesure sont-il garants d'une bonne mise en œuvre du programme dans le respect de la démocratie (quelle est leur représentativité en tant que non-élu), comment ouvrir les élus à une prise de décision partagée avec des privés, etc. Dans d'autres pays européens, ce point n'a posé aucune question et a été appliqué de manière beaucoup plus naturelle. Faut-il voire là une spécificité française et comment intervenir pour rendre cet aspect plus fluide sur la période 2007-2013 au cours de laquelle les enjeux seront peut-être encore plus importants ? o la dimension économique : il a souvent été difficile, sur la période 1999-2006 de développer en France des stratégies territoriales où l'économie était une dimension pleine et entière. Ceci reste vrai dans la plupart des cas, même lorsque les stratégies sont organisées autour de thématiques a priori favorables (tourisme, produits locaux, …). Là encore, dans d'autres Pays européens, les GAL ont eu une approche nettement plus économique (et plus pérenne, financièrement parlant) du développement rural. Peut-être est-ce là une nouvelle clé à laquelle réfléchir pour inscrire Leader dans la durée et justifier de ses retombées 'chiffrables' sur les territoires.
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